7 évolutions qui favorisent le développement des indépendants

Future of work, digital nomades, coworking, slashers,… si ces termes vous sont étrangers, c’est que vous êtes certainement attachés à la traditionnelle relation salarié-employé qui est aussi la forme de travail la plus commune en France. Toutefois, le constat d’un chômage de masse qui s’installe durablement en France, l’affaiblissement de l’« institution travail » et des formes de travail “traditionnelles”, l’arrivée des générations Z et des Millénials ainsi que l’individualisation des besoins et l’affirmation des aspirations personnelles dans la sphère professionnelle couplées à la recherche d’un meilleur équilibre avec la vie familiale et les loisirs, toutes ces évolutions entrainent l’apparition et le développement de nouvelles formes de travail.

Des évolutions réglementaires

Plusieurs changements législatifs sont intervenus en France depuis 15 ans pour les travailleurs non-salariés:

  • après 2003, l’autorisation du cumul des indemnités chômage avec une activité d’indépendant.
  • en 2008, la création du statut d’auto-entrepreneur.
  • en 2015, le statut d’auto-entrepreneur devient celui de micro-entrepreneur avec notamment une immatriculation au RCS et/ou au RM qui devient obligatoire. Plus récemment encore, la modification des seuils de chiffres d’affaires permet de développer un vrai business avec une plus grande simplicité que la création d’une société.

L’essentiel de l’augmentation du nombre de travailleurs non-salariés observée depuis 2008 concerne des auto-entrepreneurs (aussi appelés micro-entrepreneurs depuis 2015). En 2015, on comptait un peu plus d’un million d’auto-entrepreneurs en France (dont 73 % ont déclaré un chiffre d’affaires), soit près de 40 % des travailleurs indépendants hors agriculture. Ils représentent plus de 70 % des travailleurs indépendants dans certains secteurs (commerce de détail hors magasin, arts et spectacles, design, enseignement, autres services personnels, etc.).

L’INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques) confirme ce pic des créations d’entreprises en novembre 2017 avec +15,1% par rapport à octobre 2017 pour le régime micro entrepreneur, soit 23 796 nouvelles immatriculations sur le mois de novembre 2017.

Cependant, l’attractivité du statut a été réduite par la Loi Pinel de 2014 et la Loi de financement pour la Sécurité sociale de 2016, qui introduisent un certain nombre de contraintes. Les créations dans le commerce ont ainsi diminué de 11 % depuis 2014. Le stage de préparation à l’installation (SPI) devenu obligatoire pour les artisans avant toute immatriculation a aussi impacté le nombre de créations d’entreprises.

Le statut de travailleur indépendant apparaît donc comme très sensible aux dispositifs législatifs. Certaines études mettent d’ailleurs en avant le fait que la facilité de création des micro-entreprises a entraîné une croissance des projets non viables. Mais ces dispositifs ont le mérite d’exister et de permettre a de nombreuses personnes qui souhaitent devenir travailleur indépendant ou freelance de se lancer sans trop de risques et avec des démarches administratives simplifiées.

La précarisation du marché du travail

En France, en 2016, environ 85 % des salariés sont en CDI, 10 % en CDD et 2,5 % en interim. Le CDI reste donc la norme, et sa part diminue très lentement : -1,5 points depuis 2006. Néanmoins, cette stabilité globale cache un phénomène de précarisation d’une partie de la population active qui se manifeste notamment de trois manières différentes:

1. L’explosion de la part des embauches en CDD

En 2015, 85 % des nouvelles embauches se font en CDD, soit une hausse de 10 points en 10 ans. Et ces nouveaux CDD sont de plus en plus courts : entre 2000 et 2014, les embauches pour des contrats de moins d’un mois ont plus que doublé 25. Ainsi, en 2014, 70 % des embauches (hors intérim) concernaient des contrats d’un mois ou moins. Ceci s’explique notamment par le fait que les employeurs ont tendance à enchaîner les CDD : en 2012, 84 % des CDD de moins d’un mois étaient des réembauches par un ancien employeur. Et seul un CDD sur cinq débouche sur un CDI, soit quatre points de moins qu’avant la crise de 2008.

2. La croissance régulière du taux de chômage

En France, la population active n’a cessé d’augmenter depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale : elle atteint aujourd’hui 28,6 millions de personnes, soit cinq millions de plus qu’en 1980. Or, les créations d’emplois ont été insuffisantes pour absorber cette croissance, ce qui a entraîné une hausse progressive du taux de chômage, qui est notamment passé de 7 % en 2008 à 10 % en 2015 (contre 4 % en 1975). Plus de 40 % des chômeurs sont des chômeurs de longue durée, et un quart des moins de 25 ans sont au chômage. Par ailleurs, près de 20 % des salariés (4,7 millions de personnes) travaillent à temps partiel, soit deux fois plus qu’il y a 30 ans. Dans un tiers des cas, cette situation est subie.

3. La croissance du nombre de personnes dans le halo du chômage

Parallèlement, l’INSEE comptabilise les personnes qui souhaitent travailler mais sont classées comme inactives, soit parce qu’elles ne sont pas disponibles rapidement pour travailler (dans les deux semaines à venir), soit parce qu’elles ne recherchent pas activement un emploi (mères de famille, personnes en formation, etc.). Elles constituent le « halo du chômage », et sont aujourd’hui près d’1,5 million : leur nombre a augmenté de près de 300000 personnes depuis 2003.

Le marché français du travail se dualise donc avec, d’un côté, une grande majorité de salariés en CDI et, de l’autre, des travailleurs qui supportent la « flexibilité » du travail, qui se traduit de fait par une précarité professionnelle. Cette situation concerne particulièrement les jeunes, les moins qualifiés et, dans une moindre mesure, les plus de 50 ans. Ces travailleurs peuvent de ce fait être désireux (ou contraints) de quitter le monde du salariat qui ne leur offre plus de perspectives satisfaisantes pour lancer leur propre activité.

Baisse des revenus pour les salariés, hausse pour les travailleurs indépendants et les freelances

Le salaire net moyen des salariés a progressé de manière quasi continue en France depuis 60 ans, mais beaucoup plus rapidement pendant les Trente Glorieuses que depuis les années 1980. Depuis 2008, la hausse annuelle est inférieure à 1 %. Chaque salarié peut faire le constat que l’évolution salariale depuis 2008 est plus que maîtrisée et contenue par les employeurs. On observe par ailleurs une polarisation croissante des salaires, et donc une croissance de la proportion de salaires élevés et faibles au détriment des salaires proches de la médiane.

Parallèlement, les revenus des travailleurs indépendants classiques augmentent régulièrement, et notamment de 2,9 % entre 2006 et 2011.

Néanmoins, ici aussi, des écarts importants sont enregistrés entre les métiers et les secteurs : le revenu moyen mensuel est de 870 euros dans le commerce, contre 9 000 euros pour les dentistes et pharmaciens. Même si peu de données sont disponibles concernant les revenus des auto-entrepreneurs ou micro-entrepreneurs, ils gagnent en moyenne 460 euros par mois, un montant stable depuis 2009 mais qui ne veut pas dire grand-chose compte tenu de la diversité des situations individuelles.

Développer une activité secondaire peut donc devenir indispensable pour certains salariés, mais aussi pour des étudiants ou des retraités, pour qui le statut d’indépendant constituerait un bon moyen de compléter leurs revenus et d’arrondir ses fins de mois. Pour certains métiers, le statut d’indépendant peut aussi se révéler plus attractif financièrement que celui de salarié (par exemple dans le secteur de la santé).

Le développement de l’externalisation par les entreprises

Les grandes entreprises françaises ont réalisé depuis une vingtaine d’années un triple mouvement de repli sur le coeur de métier, d’externalisation et de délocalisation. Le repli sur le coeur de métier a notamment été favorisé par la mondialisation, et va de pair avec l’externalisation des activités considérées comme secondaires à des prestataires extérieurs nationaux ou étrangers. La sous-traitance peut se faire au sein de filiales ou auprès d’entreprises tiers. Certaines activités peuvent être délocalisées, notamment dans des pays où la main-d’oeuvre est moins chère.

Actuellement, selon les données de l’INSEE, 18 % des sociétés marchandes non agricoles et non financières de 50 salariés ou plus installées en France sous-traitent une partie de leur activité à l’étranger. Parallèlement, près de 6 entreprises françaises sur 10 de plus de 50 salariés ont recours à de la sous-traitance intranationale, avec des sociétés situées en France. Alors que l’externalisation a longtemps concerné des activités secondaires (nettoyage, gardiennage…), elle s’étend désormais à d’autres fonctions plus qualifiées et plus stratégiques : informatique, communication, mais aussi création et gestion de projets. Elle peut aussi, à l’inverse, concerner des micro-tâches (traductions, enquêtes, rédactions ponctuelles…). En conséquence, l’externalisation peut se faire auprès d’autres entreprises, ou auprès de travailleurs indépendants.

Ainsi, en 2015, 27 % des dirigeants d’entreprises (et 19 % des Français) affirment avoir déjà fait appel à un auto-entrepreneur ou micro-entrepreneur. Et 67 % d’entre eux sont convaincus que le recours à ces travailleurs par les entreprises va se développer à l’avenir. Plusieurs moteurs expliquent ce recours accru à des collaborateurs extérieurs non-salariés :

  • c’est a priori moins coûteux que l’embauche d’un salarié ;
  • cela permet à l’entreprise d’adapter les compétences dont elle dispose en fonction de chaque projet ;
La poursuite du phénomène d’externalisation par les entreprises (et les administrations) si elle se confirme favorisera l’essor d’entreprises de sous-traitance, mais également celui des travailleurs indépendants.

Ces entreprises auront de plus en plus besoin de faire appel à des travailleurs indépendants et à des freelances. Pour opérer leur transformation numérique ou pour former leurs salariés, elles auront besoin de formations en ligne et d’intervenant ayant des compétences professionnelles et des savoir-faire pointus.

L’apparition de plateformes collaboratives

Différents types de plateformes collaboratives et de marketplaces ont vu le jour depuis 10 ans, permettant à des particuliers de proposer leurs services à d’autres particuliers (bricolage, ménage, apprentissage en ligne, etc.) ou à des entreprises (traductions, services informatiques, cours et formations en ligne, eLearning, …) pour des tâches ponctuelles de différents niveaux de qualifications. Elles constituent de nouveaux intermédiaires entre des employeurs qui peuvent être des entreprises ou des particuliers, et des travailleurs aux statuts très divers. Une relation triangulaire se met ainsi en place, dans laquelle les fonctions traditionnellement dévolues à l’employeur sont en partie partagées avec la plateforme. La France compterait aujourd’hui une centaine de plateformes d’emploi, mais qui n’auraient jusqu’à présent créé que peu d’emplois, ces derniers ne faisant dans tous les cas pas l’objet d’une comptabilité spécifique.

Les plateformes d’offres et de recherches de missions freelance, de création de sites et de boutiques eCommerces, de mises en relations sont toutes des marketplaces qui offrent aux travailleurs indépendants la promesse d’accéder relativement facilement à une clientèle élargie, ce qui constitue une aide au lancement d’activité. En améliorant les conditions de rencontre entre offre et demande de travail, ces plateformes sont un puissant moteur de développement du travail indépendant.

Le décalage entre les attentes des travailleurs et le management des entreprises

Dans la plupart des sondages et enquêtes d’opinion, les Français considèrent que le travail occupe une place très importante dans leur vie. En particulier, une majorité de salariés aimeraient que leur travail constitue une source d’épanouissement professionnel et personnel. Et, s’ils sont globalement satisfaits de leur travail, ils affichent en revanche deux sources de frustration : le manque d’autonomie dans l’exercice de leurs activités et le manque de reconnaissance de leurs compétences et leurs performances. La France est en effet souvent considérée comme l’un des pays où les distances hiérarchiques au sein des entreprises sont les plus fortes, et où l’autonomie des salariés aurait tendance à régresser.

En conséquence, les salariés français se distinguent par des taux très bas (seuls les Espagnols sont derrière eux) de confiance dans leurs dirigeants, voire par des situations de désengagement, de désenchantement ou d’angoisse (voire de burn-out) au travail.

S’ils estiment que les entreprises ne sont pas capables de répondre à leurs attentes professionnelles, de plus en plus de travailleurs peuvent donc être tentés de lancer leur propre activité (y compris en complément d’une activité salariée).

Le développement du numérique et du travail à distance

De nombreux salariés font face à de nombreuses difficultés liées à leur situation professionnelle:

  • Dépenses et fatigue entrainées par les déplacements domicile-travail, les bouchons, les risques d’accident, les grèves des sociétés de transport à répétition.
  • Trouver un logement à un prix abordable à proximité de son lieu de travail, des établissement scolaires pour les enfants ou des lieux d’activités pour les loisirs, les commerces,…
  • Organiser sa vie familiale et notamment la garde des enfants ou le suivi du travail scolaire.

Le calcul du bénéfice/risque interroge beaucoup de salariés sur leurs conditions et leur épanouissement. Beaucoup se demandent pourquoi continuer ainsi pour pouvoir en profiter quelques semaines par an à l’occasion des vacances où, de plus en plus, le portable continue à sonner et les notifications de mails à s’afficher réduisant ainsi le temps de récupération nécessaire pour recharger ses batteries.

Le numérique et les solutions qu’il propose permettent d’envisager de travailler différemment:

  • Depuis n’importe quel endroit disposant d’une connexion internet.
  • A des horaires plus flexibles et plus souples sans perdre de temps dans les transports en travaillant à distance depuis chez soi ou dans un espace de coworking à proximité de son domicile.
  • En développant son propre emploi, en devenant son propre patron et en bénéficiant pleinement de la chaine de valeurs créée par son activité.
  • En créant un meilleur équilibre entre vie familiale et vie professionnelle.

Ceci a été bien compris par les entreprises qui tendent à favoriser le télétravail afin de conserver des salariés et attirer les jeunes générations qui sont de moins en moins intéressées pour rejoindre le club de ceux qui pratiquent le traditionnel tryptique “Métro-Boulot-Dodo”.

Le numérique est une formidable opportunité pour créer son propre emploi et travailler à distance en trouvant un meilleur équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle.

Je suis convaincu que ces évolutions ne sont que les prémices d’évolutions encore plus majeures qui confirmeront la croissance et le développement du travail indépendant et du freelancing. De nouvelles formes de travail verront le jour pour remettre l’humain, le développement personnel et l’épanouissement de chacun au centre des débats. Des formes de travail qui défendront les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, des valeurs trop souvent galvaudées par nos politiques et certains chefs d’entreprises qui ne cherchent qu’à accroître le nombre de leurs électeurs ou la rentabilité et les profits de leur entreprise. Parmi les enjeux qui auront un impact significatif sur ces évolutions et dont nous effleurons à peine les futurs changements qui s’opéreront:

  • Le développement de l’intelligence artificielle, du big data et de la blockchain.
  • Les nouvelles formes d’économie: circulaire, sociale, …
  • Le développement durable et l’économie des ressources naturelles.
  • Les inégalités entre pays pauvres et pays riches, entre cadres supérieurs et ouvriers, entre travailleurs et chomeurs, …
  • L’information du plus grand nombre, l’accès aux connaissances, les réseaux sociaux et les communautés.

Etant passionné par ces évolutions et le freelancing, j’ai créé une niche qui s’appelle “Freelancing and future of work” sur Narrative, une communauté de contenu qui récompense les créateurs, les modérateurs et tous ceux qui ajoutent de la valeur. Un réseau social d’un nouveau genre qui change le jeu et remet le créateur de contenus au centre du système. Le site est actuellement en version alpha. La version beta est prévue pour fin 2018 et ma niche deviendra active à ce moment là. Rejoignez-moi sur Narrative pour créer votre propre niche et votre propre communauté dans un sujet qui vous passionne.

Vous pouvez aussi consulter cet article écrit sur le sujet: “Freelancing and future of work. Narrative is a real Game changer!”

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Posted on

June 2, 2018

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